GADRAT BRUNO - PLANIFICATION ET PAYSAGE

 

Comment protéger les paysages par les outils de planification ?. (Plan et schéma d'urbanisme, règlementation municipale,...) Cette question est ancienne mais toujours d'actualité.

La principale difficulté réside à mon avis dans le mot paysage qui ne semble pas avoir de sens au Québec (et un peu partout dans le monde). Par exemple le projet de loi 129 utilise le mot "paysage" à la place de "biotope" et la loi sur les biens culturels appelle les paysages des "arrondissements naturels"

Pourtant, la définition que l'on trouve dans les dictionnaires est assez simple. "Étendue de pays qui s'offre à la vue" (avec quelques variantes). Elle est reprise et agrémenté dans la charte du paysage Québécois. L'essentiel à retenir est :

1) qu'il y a un territoire qui est modifié en continu.
2) que ce territoire a une valeur esthétique (la vue).

La préservation du paysage consiste donc à conserver l'intérêt de la vue sur le pays alors que celui-ci se transforme et que l'intérêt de cette vue évolue également. Une sorte de mission impossible. Certaines sous-catégories de paysage peuvent toutefois être protégées comme le prouve l'action de l'UNESCO. Elles doivent alors êtres définies (voir exemple).

La charte de paysage Québécois propose de remplacer la préservation du paysage par un accompagnement de l'évolution du paysage. Le moyen utilisé est la concertation. Elle permet de faire évoluer simultanément la modification du pays (action concertée) et le regard qu'on lui porte (information et négociation).

La charte du paysage recommande aussi la reconnaissance des paysages (quel territoire et quelle valeur) en précisant qu'elle ne doit pas être faite sur une seule thématique et que le paysage a une valeur d'intégration. En pratique c'est inapplicable pour le gestionnaire de terrain. Il faut des solutions de gestion du territoire qui ne demandent pas d'être un spécialiste du paysage (de l'architecture, de l'environnement,...) pour pouvoir être appliquée.

Pour le gestionnaire de terrain les trois points suivants sont essentiels:

1) La description des paysages d'intérêt par des photos, des peintures, des textes ... (thématiques multiples). Une phrase doit résumer l'ensemble. Tout le monde doit pouvoir reconnaître rapidement le paysage à protéger.

2) Le classement des territoires en fonction de leur sensibilité au changement ordinaire (risque de perte de valeur du paysage). Le gestionnaire doit pouvoir évaluer l'urgence de la situation.

3) Faire intervenir les architectes paysagistes pour régler les situations sensibles et dans les changements extraordinaires du territoire. Des solutions types pour les cas ordinaires permettent de gérer le quotidien.

Pour une municipalité, la protection du paysage s'inscrit dans un processus en 7 étapes décrites dans le texte "Paysages : 7 étapes indispensables".

Pour les particuliers, protéger le paysage se résume principalement à accepter de le regarder (voir pour ne pas le détruire par ignorance) et les montrer aux responsables des aménagements (municipalités, entreprises publiques ou privées) en précisant qu'ils doivent impérativement être préservés. L'implication dans des associations est souvent indispensable pour avoir accès au "faire savoir l'importance du paysage".

 

Pour planifier et gérer les paysages
Bruno Gadrat Design Végétal: Expertise en architecture de paysage
p/paysage/protection-paysage.html - rev 05/03/2006