© École d'architecture de paysage - Bruno Gadrat
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La forme réelle de l'arbre tend vers sa représentation.

Bruno Gadrat - 6 décembre 1999 - Résumé

Les relevés des arbres réalisés de 1995 à ce jour dans la région de Montréal montrent qu'ils sont beaucoup plus petits et leurs formes fondamentalement différentes de ce que leurs réalités biologique et écologique devraient produire.
L'intégration d'une géométrie dans les modèles de croissance n'est pas suffisante pour aboutir à leur modélisation(1). Ils suivent des règles qui relèvent, entre autres, de la linguistique ou de la mémorisation des perceptions.
Les formes symboliques "feuillu", "conifère" et "buisson" dominent dans les végétaux observés. La forme symbolique est un renvoi à l'univers du symbole qui en retour agit sur cette forme.
La nature même de ce paramètre a une influence sur la représentation vivante(2) qu'est la plante réelle.
Les études sur l'apprentissage du dessin nous éclairent sur la maîtrise de la représentation par le végétal.(3) La lecture de la forme des arbres se fait en mode symbolique et mode réaliste. Le mode symbolique est dominant pour son entretien.
Dans la région de Montréal, tous les arbres sont entretenus. Cela conduit d'une part à la disparition des vieux arbres(4) en tant que réalité biologique et d'autre part à la disparition des formes naturelles des arbres au profit de leurs formes symboliques.
Ce changement de l'expérience sensible quotidienne conduit à la constitution d'un monde symbolique des plantes appauvrit et très actif. Nos moyens d'action rapides sur l'ensemble des aires de répartition des espèces et sur leurs sélections diffusées à grande échelle tend à éliminer la réversibilité de ce processus. 

(1) Shlyakhter I et Rozenoer Reconstruction of Trees from Set of Images Thèse sous la direction de Dorsey J. and Teller S., 1999 http://www.mit.edu/people/astgtciv/ThesisProposal.txt. Présentation des différents modes de représentations des végétaux avec renvoi aux principales recherches.
(2) Le concept de jardin induit cette notion du végétal comme élément de représentation du monde. L'invention du paysage au 16ème siècle a étendu la notion de jardin au pays.
(3) Edwards B. Dessiner grâce au cerveau droit chap. 5, 2ème ed., Pierre Mardaga Bruxelles, 1979. Description des processus d'apprentissage de la représentation
(4) Desjardins R. et Monderie R. L'erreur boréale, documentaire cinématographique, Canada, 1999. Questions publiques sur la préservation de la ressource forestière québécoise et la constante diminution des diamètres exploités.


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Bruno GADRAT
Professeur adjoint, il est le spécialiste du design avec les végétaux à l'École d'architecture de paysage à la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal.
Paysagiste DPLG (architecte paysagiste) diplômé de Versailles et titulaire du DEA "Jardins paysages territoires" de Paris La Villette. Il a développé une très grande expertise en design avec les végétaux par les nombreux projets auxquels il est associé tant en France qu'au Québec et ce à toutes les échelles du détail de plantation à la gestion de grands territoires.
Ses recherches portent sur l'étude des paramètres associés au végétal qui sont responsables des effets sensibles et de la signification des aménagements.

Il fait maintenant de la conception de jardin et des études de paysage.
Pour en savoir plus sur Bruno Gadrat - http://www.designvegetal.com/
Courriel: bruno.gadratdesignvegetal.com