©

Simulations paysagères par informatique

Bruno Gadrat - juin 1997

Voir l'évolution de ce texte en 2006.

Les simulations paysagères ne sont pas nouvelles et le terme même de paysagiste désigne un peintre de paysage. Cette production de tableaux servait de modèle pour l'embellissement des domaines pittoresques des aristocrates anglais du 18ème siècle. Les logiciels informatiques ont réveillé cette pratique en rendant plus facile la réalisation des images.

ValmorelValmorelfricheValmorelprojet

Les simulations les plus convaincantes sont réalisées à l'aide de logiciel de retouche d'images "bitmap" (chaque point de l'image est codé par sa couleur). Elles impliquent un savoir faire en dessin et ne dispensent pas d'un savoir faire en architecture de paysage. la grande majorité des professionnels utilisent pour le logiciel Photoshop d'Adobe qui est un produit complet et fiable dont la réputation n'est plus à faire. De très nombreux logiciels de retouche d'images conviennent parfaitement aux besoins de l'architecture de paysage. Parmi les caractéristiques indispensables il faut qu'ils puissent manipuler des images de grande dimension (800 points de large et plus) avec une bonne profondeur de couleurs (milliers de couleurs ou plus indispensable).

Les outils indispensables sont:

Les logiciels 3D (trois dimensions x,y,z en géométrie euclidienne) sont très largement utilisés pour les réalisations d'architecture. En revanche, ils ne servent que rarement à la réalisation complète d'une simulation d'architecture de paysage. En effet après avoir bâti la forme géométrique en modèle fil de fer (volume simple représenté par ses arêtes), il faut l'habiller par une image ou une texture, puis éclairer la scène et enfin faire calculer son rendu (aspect final) par l'ordinateur. Le cinéma nous a habitué à ces images de synthèse qui produisent des effets intéressants sur les objets solides et simples. Les enjeux économiques pour un film ne sont pas ceux d'un aménagement de jardin ou de paysage. Les scènes cinématographiques sont réalisées par des équipes qui disposent de stations graphiques à haute performance. Les scènes paysagères sont malheureusement compliquées et les objets sont ajourés. Les calculs résultant sont très longs pour des résultats qui ne sont pas à la hauteur des espoirs et des comparaisons que l'on peut faire avec des images 2D. Décalage d'enjeu économique et piètre résultat sont les deux facteurs essentiels du peu d'utilisation de ces procédés en architecture de paysage.

Il est probable que les professionnels du paysages qui auront à faire des simulations, continueront pendant encore quelques années à construire un modèle très simplifié de la forme en 3D à partir des plans. Cette forme 3D permet de caler rapidement les points de vues et se donner des points de repères pour la forme. Le squelette produit sert alors de fond pour un dessin classique par retouche d'image bitmap.

Une nouvelle génération de logiciels arrive permettant de peindre sur les formes 3D. Cette étape intermédiaire entre les deux modes (2D et 3D), permet d'allier la finesse du dessin avec la facilité du choix des points de vue dans les modèles tridimensionnels.

Trois autres types de logiciels sont à signaler sans qu'ils connaissent un vrai succès auprès des professionnels.

Les logiciels de création de jardin disponibles sur CD. (Landscape Design, Flowerscape, Aménager votre jardin, Terrasses et jardins,...). Ils permettent de marier simplement le choix des plantes et des surfaces dures avec des constructions simples. Ils permettent d'établir le plan et la visualisation perspective du jardin et pour certains de le faire évoluer dans le temps. Conçus pour le grand public, ces logiciels répondent bien au plaisir individuel de placer et déplacer des éléments tout prêts, de faire pousser son jardin en se donnant une idée du "comment il va être". Les bases de données, les modules de rendu et les dimensions des jardins traités ne sont pas cependant pas d'un niveau suffisant pour le professionnel d'architecture de paysage.

Le logiciel KTP Bryce (Metatools) de création de paysages pour images de films. Ce logiciel tout à fait intéressant pour donner des ambiances sur des paysages fantaisistes ne permet pas pour le professionnel de l'aménagement de construire rapidement et avec exactitude son projet. Il permet en revanche l'utilisation des images fractales (Géométrie adaptée à la description d'objets naturels) de façon très simple et très rapide, ce qui donne des rendus très réalistes. La version 2 permet d'importer un fichier DXF (format de transfert pour les logiciels de dessin assisté par ordinateur) pour l'habiller. L'aménagement créé sous un logiciel plus conventionnel de dessin assisté par ordinateur (CAO-DAO) peut alors être plongé dans des textures paysagères du sol au ciel. Rapide et intuitif, il a encore du mal à s'imposer chez les professionnels du paysage.

Le logiciel Amap (CIRAD) de simulation de croissance des végétaux permet de construire des plantes à partir de leur modèle de croissance. Très intéressant sur son principe, il ne permet pas des rendus de composition paysagère complexe sans l'utiliser en liaison avec d'autres logiciels de CAO-DAO. Mais c'est une amélioration très nette dans le processus de simulation 3D déjà évoqué. Fondé sur des caractéristiques botaniques exactes, il donne des images rigides et froides digne des stations orbitales, mais les plantes sont parfaitement identifiables.

B.Gadrat


[retour accueil ]