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Simulations paysagères par informatique
Par Bruno Gadrat - Marieville le 04/09/2006
Voir ce texte en 1997.

Les simulations paysagères ne sont pas nouvelles et le terme même de paysagiste désigne un peintre de paysage. Cette production de tableaux servait de modèle pour l'embellissement des domaines pittoresques des aristocrates anglais du 18ème siècle. Les logiciels informatiques ont réveillé cette pratique en rendant plus facile la réalisation des images.

Les simulations les plus convaincantes sont réalisées à l'aide de logiciel de retouche d'images "bitmap" (chaque point de l'image est codé par sa couleur). Elles impliquent un savoir faire en dessin et ne dispensent pas d'un savoir faire en architecture de paysage. La grande majorité des professionnels utilisent le logiciel Photoshop d'Adobe qui est un produit complet et fiable dont la réputation n'est plus à faire. De très nombreux logiciels de retouche d'images conviennent parfaitement aux besoins de l'architecture de paysage. Parmi les caractéristiques indispensables il faut des images numériques de 800 points de large minimum avec une bonne profondeur de couleurs (milliers de couleurs ou plus indispensable).

Les outils indispensables sont:

Les logiciels 3D (trois dimensions x,y,z en géométrie euclidienne) sont très largement utilisés pour les réalisations d'architecture. En revanche, ils sont encore peu utilisés dans la réalisation complète d'une simulation d'architecture de paysage, mais cette pratique devrait changer rapidement avec l'arrivés de logiciels hybrides 3D-CAD performants et bon marché. Pour le 3D, après avoir bâti la forme géométrique en modèle fil de fer (volume simple représenté par ses arêtes), il faut l'habiller par une image ou une texture, puis éclairer la scène et enfin faire calculer son rendu (aspect final) par l'ordinateur. Le cinéma nous a habitué à ces images de synthèse qui produisent des effets intéressants sur les objets solides et simples. Les enjeux économiques pour un film ne sont pas ceux d'un aménagement de jardin ou de paysage. Les scènes cinématographiques sont réalisées par des équipes qui disposent de stations graphiques à haute performance. Le décalage d'enjeu économique et le piètre résultat des logiciels étaient les deux facteurs essentiels du peu d'utilisation de ces procédés en architecture de paysage.

Il est probable que les professionnels du paysages qui auront à faire des simulations, continueront pendant encore quelques années à construire un modèle très simplifié de la forme en 3D à partir des plans. Cette forme 3D permet de caler rapidement les points de vues et se donner des points de repères pour la forme. Le squelette produit sert alors de fond pour un dessin classique par retouche d'image bitmap.

Des nouvelles générations de logiciels arrivent permettant de modeler facilement, d'installer les textures et l'éclairage sans difficulté. Les ordinateurs usuels permettent de les utiliser sans délais notable de production.

Trois autres types de logiciels sont à signaler sans qu'ils connaissent un vrai succès auprès des professionnels.

Les logiciels de création de jardin disponibles sur CD. (Jardin 3D, Landesigner 3D, Your Complete Landscape and Garden Designer, ... les noms changent d'année en année). Ils permettent de marier simplement le choix des plantes et des surfaces dures avec des constructions simples. Ils permettent d'établir le plan et la visualisation perspective du jardin et pour certains de le faire évoluer dans le temps. Conçus pour le grand public, ces logiciels répondent bien au plaisir individuel de placer et déplacer des éléments tout prêts, de faire pousser son jardin en se donnant une idée du "comment il va être". Les bases de données, les modules de rendu sont de plus en plus réalistes et creusent le fossé entre la représentation et la conception. C'est un vrai problème d'erreur du public non averti sur la comptétence requise pour faire un projet d'aménagement.

En 1997 des logiciels innovateurs comme KTP Bryce (Metatools) de création de paysages ou Amap (CIRAD) de simulation de croissance des végétaux on ouvert la voie aux logiciels actuels.

En 2006 le plus prometteur est certainement Google Sketchup. Il fait passer la 3D facile à modéliser et à texturer dans un univers mesurable, pouvant être localisé sur la planète. Avec ses outils de mesure il fait office de CAD et donne accès à des coupes immédiates et autres présentations très utiles. Il est gratuit. Une version professionelle à bas prix permet de faire les échanges de fichiers avec les autres outils CAD et 3D. Le temps de production des images par la machine ne sera plus un problème. La vitesse de calcul des ordinateurs personnels donne actuellement un rendu immédiat pour les animations 3D simples avec quelques texture. La mise en réseau des ordinateurs pour distribuer les calculs fera disparaître cette contrainte. Le problème principal est celui de la compétence à utiliser ces outils.

Bruno Gadrat
Architecte paysagiste

Le dessin ne peut pas se substituer au dessein
Bruno Gadrat Design Végétal: Services de conception, de planification et de suivi

20060904simulatttionpaysage.html - rev 04/09/2006