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B. Gadrat - 20001117lire-ecr-symb-fr.html - English version

Dans les petits jardins vernaculaires de la région de Montréal, la signification est le mode principal de communication. Les stades de ce langage symbolique sont écrits par les plantes.
Cet exposé s'adresse à ceux qui veulent utiliser tous les stades de lecture du jardin pour augmenter sa popularité et la durée de l'intérêt que l'on peut lui porter.

Lire et écrire les symboles du jardin avec des plantes.

Bruno Gadrat - 11 novembre 2000 - Résumé

 

Le jardin peut facilement cumuler des représentations sensibles et signifiantes. Les petits jardins vernaculaires de la région de Montréal nous permettent de préciser les stades du langage végétal et leurs états successifs.

Avez-vous remarqué avec quelle délectation le nouveau propriétaire jardinier s'aperçoit de sa capacité à faire pousser une plante ? A ce premier stade du griffonnage, le jardin se remplit d'essais de la matière première qu'est la plante.

Après avoir saturé le jardin de plantes, elles sont utilisées pour représenter un élément du monde environnant: c'est le stade des symboles. L'arbre planté devant la porte représente celui dans lequel nous grimpions étant enfant, ou notre enfant, ou une fête de Noël; il nous suffit de le dire.

Avec le stade des histoires, la combinaison des symboles et surtout les ajustements qui leurs sont apportés permettent de rendre le jardin expressif. Dans ces petits ensembles symboliques, les déformations et les exagérations deviennent les clefs de la lecture.

Au stade du paysage symbolique, le jardinier représente son monde dans sa globalité. Il forme alors un tout, personnel, équilibré, stable et très simple.
Ces compositions végétales se repèrent principalement par l'équilibre de l'ensemble et l'impression nette que l'on est chez quelqu'un d'autre que soi.

Le stade de la complexité est une quête du réalisme par l'accroissement infini des détails symboliques. Le jardinier va alors chercher une grande diversité de cultivars, tous plus incroyables les uns que les autres, pour exprimer l'infinie richesse de la nature.
À ce stade, il ne peut plus y avoir de jardin, car les plantes ne représentent rien, elles ne font qu'exister. Cette étape, occupée par l'horticulture, amène le jardinier à se documenter et à aller voir de nombreux jardins et plantations. Aux significations des plantes et de leurs agencements décrits par les guides, s'ajoutent les effets sensibles des formes, des couleurs, des textures et des parfums qui font le plaisir des visites.
Le besoin de retrouver ces émotions dans son jardin conduit au stade suivant du réalisme.

Serrées les unes contre les autres pour former un ensemble, les plantes perdent leur symbolique individuelle, les détails sont noyés dans la masse et la croissance est loin de l'idéal horticole si chèrement acquis.

Le stade du réalisme est rarement franchi par les propriétaires des jardins vernaculaires. Les contradictions sont trop fortes entre le langage symbolique, appris dans les stades précédents, et la réalité des perceptions sensibles. Le retour à la réalisation de paysages symboliques est fréquent. C'est un stade privilégié de proposition de service pour les architectes paysagistes.

La reconnaissance et la maîtrise des divers niveaux de langage symbolique est indispensable au concepteur. Elles lui permettent d'apporter des significations facilement lisibles dans le jardin. Elles lui permettent également de préserver les significations des lieux. Le mode symbolique s'appuie sur la reconnaissance de signes alors que le mode sensible s'établit sur les contrastes des perceptions. Les deux peuvent donc être simultanément présents si nous en connaissons les clefs.

 


Mots clefs


Objectifs d'apprentissage


Bruno GADRAT
Professeur adjoint, il est le spécialiste du design avec les végétaux à l'École d'architecture de paysage à la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal.
Paysagiste DPLG (architecte paysagiste) diplômé de Versailles et titulaire du DEA "Jardins paysages territoires" de Paris La Villette. Il a développé une très grande expertise en design avec les végétaux par les nombreux projets auxquels il est associé tant en France qu'au Québec et ce à toutes les échelles du détail de plantation à la gestion de grands territoires.
Ses recherches portent sur l'étude des paramètres associés au végétal qui sont responsables des effets sensibles et de la signification des aménagements.

 


Bruno GADRAT
Architecte paysagiste
Professeur adjoint à l'École d'architecture de paysage de l'Université de Montréal
 
École d'architecture de paysage
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Montréal (Québec)
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